Série Légionelle : Existe-t-il une méthode pour rapidement détecter la légionelle?


13 septembre 2018

C’est maintenant bien connu, le Code de sécurité au Québec impose l’analyse sur des milieux de culture pour déterminer la concentration de légionelle présente dans une tour de refroidissement. Bien que cette méthode soit règlementaire, elle présente de nombreuses limitations pour le suivi de la bactérie dans l’eau de ces réseaux, et celles-ci peuvent grandement affecter la sécurité des installations ainsi que la santé publique.

Le principal inconvénient de l’analyse par culture est le temps écoulé entre l’échantillonnage et l’obtention d’un résultat : les milieux de culture contenant l’échantillon doivent être incubés pendant 7 à 10 jours et ensuite évalués pour au moins 2 jours supplémentaires, une durée qui devient excessive lorsqu’on veut immédiatement maitriser le risque de prolifération.

Il faut aussi souligner que dans certains cas, les résultats provenant de l’analyse sur des milieux de cultures peuvent identifier moins de 10% des légionelles réellement présentes dans un échantillon d’eau. Pour les tours d’eau traitées par des biocides, les légionelles qui n’ont pas été détruites ont une activité trop faible pour permettre une croissance sur les milieux de culture mais peuvent pourtant être parfaitement viables. Ces légionelles, qui sont potentiellement pathogènes, ne sont donc pas identifiables par une analyse par culture. C’est également le cas des légionelles ingérées par des amibes. Bien qu’elles soient souvent à l’origine des proliférations que l’on observe dans les tours d’eau, ces légionelles qui se multiplient à l’intérieur des amibes ne seront pas identifiées par une analyse par culture.

Ce délai et l’incertitude des résultats rendent cette méthode peu attrayante dans le cadre de programmes préventifs des infections et démontrent le besoin d’utiliser des méthodes complémentaires afin de dépister plus rapidement toutes les légionelles présentes dans une tour de refroidissement.

L’analyse par qPCR (Quantitative Polymerase Chain Reaction) est une méthode basée sur la mesure de l’ADN dont le principe est d’amplifier et de quantifier une séquence spécifique d’ADN de la Legionella pneumophila. Il est possible, avec cette méthode, d’obtenir des résultats précis en quelques heures seulement et de prendre en compte toutes les légionelles viables présentes dans le système, mêmes celles ingérées par des amibes ou traitées par des biocides. Cette analyse doit être effectuée en laboratoire par des microbiologistes expérimentés et nécessite l’expertise spécifique et l’instrumentation appropriée. La technologie qPCR est utilisée dans nos laboratoires depuis plus de 10 ans et a permis d’intervenir efficacement en de multiples situations pour éviter des risques de prolifération de la bactérie dans les tours de refroidissement.

Cette analyse compense pour les limitations de l’analyse par culture ; il s’agit donc d’un outil extrêmement puissant pour la détection et l’intervention rapide, ce qui facilite les décisions dans l’application des procédés de désinfection et limite l’exposition des populations en cas d’éclosion. L’analyse par qPCR, en complément à l’analyse par culture obligatoire, aide donc à détecter efficacement et sans délai la prolifération des légionelles dans les tours de refroidissement.

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à contacter le laboratoire Magnus.

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