Série Légionelle : Comment détermine-t-on la présence de Légionelles ?


8 août 2018

C’est maintenant bien connu, le Code de sécurité au Québec exige l’entretien des tours de refroidissement à l’eau, et impose l’analyse de la concentration de la bactérie Legionella pneumophila. Ce suivi vise à contrôler le développement de la bactérie dans ces installations afin de réduire considérablement le risque pour la population de contracter la légionellose. Les analyses doivent être réalisées par une méthode utilisant des milieux de culture, et comprendre au moins un prétraitement. Mais, qu’est-ce que ça signifie au juste ?

Le principe des milieux de culture est d’étaler de petits volumes d’échantillon sur un environnement particulier. Les boîtes contenant les milieux de culture ensemencés par l’échantillon sont ensuite incubées pendant 7 à 10 jours. Au cours de cette période, des analystes chevronnés surveillent la croissance des Légionelles pour observer la présence visible de colonies. Une colonie est issue d’une seule bactérie qui, en se multipliant, a formé un amoncellement de bactéries visibles à l’œil nu. À la fin de la période d’incubation, si la présence de Légionelle est suspectée, une étape de confirmation débute. Celle-ci dure environ 2 jours et permet de déterminer si les bactéries appartiennent bien au genre Légionelle. Si c’est le cas, une autre analyse doit être réalisée pour déterminer s’il s’agit du genre Legionella pneumophila, car c’est celui qui représente un danger pour la santé.

La complexité lors du calcul de la concentration est d’éliminer le microbiote bactérien présent dans l’eau des tours de refroidissement. Il est d’une extrême variabilité et comporte des microorganismes dont la croissance est très rapide, et qui sont souvent en concentration beaucoup plus élevés que la Légionelle. Donc, l’isolement de la Légionelle devient plus difficile. Par conséquent, le principal défi de l’analyse est d’empêcher la croissance de ces microorganismes tout en favorisant le développement de Légionelles. C’est pourquoi les analyses effectuées dans le cadre de la surveillance réglementaire au Québec (RBQ) doivent comprendre au moins un prétraitement de l’échantillon, soit acide ou thermique : pour limiter la croissance du microbiote interférent afin d’obtenir une concentration plus fiable de la bactérie légionelle.

En résumé, l’analyse des Légionelles par culture est une méthode complexe qui nécessite une expertise en microbiologie afin d’obtenir des résultats fiables. Cette analyse imposée par la réglementation reste, avant tout, le moyen le plus utilisé pour s’assurer qu’une installation est sécuritaire et ne représente aucun risque pour la santé publique.

Nous verrons, lors d’un prochain article, les avantages de combiner les deux prétraitements (acide et thermique) pour obtenir des résultats encore plus précis.

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à contacter le laboratoire Magnus.

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